L'obscurantisme athée

Et si l'obscurantisme avait changé de camp ?

Introduction

L'obscurantisme 🌑 peut se définir comme une attitude d’opposition à la diffusion de l'instruction, de la culture, aux progrès des sciences, à la raison, en particulier dans le peuple de l'époque des lumières au 18ᵉ siècle.

C'est l'idée de manque de connaissances, de fermeture d'esprit qui s'impose en premier lieu. Contrairement, aux idées reçues, il n'est pas que religieux, il peut être aussi politique, voire médical, on pense à l'idéologie antivax 💉par exemple.

1. Un peu d'histoire

Entre 1715 (mort de Louis XIV) et 1789 (Révolution française), émergea un mouvement philosophique et littéraire connu sous le nom des « Lumières ». Les savants qui en faisaient partie avaient pour ambition de remettre en question les fondements religieux, politiques, économiques et sociaux de la monarchie multiséculaire.

L'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert, publiée entre 1751 et 1772, devint l’œuvre emblématique de cette contestation. Visant à rassembler et diffuser le savoir de l'époque, cette œuvre fut initialement bien accueillie par l'Église et la monarchie. Cependant, les tensions montèrent lorsque ces institutions crurent comprendre que l'Encyclopédie servait en réalité d'outil politique contre elles, avec les philosophes pour adversaires.

Mais que représente réellement cette idéologie des Lumières, et quels en furent les effets concrets ? À cette époque, les savants et philosophes se fixaient pour mission de combattre ce qu'ils appelaient l'obscurantisme et l'absolutisme, soit le catholicisme et la monarchie.

Cette idéologie a-t-elle vraiment apporté l'émancipation qu'on lui attribue, ou ne fut-elle qu'un prétexte pour abattre la monarchie capétienne au profit des puissances financières ? Lorsque l'on observe la France actuelle, il est légitime de s'interroger sur l'efficacité de cette idéologie en termes de progrès et de libération des peuples. Par ailleurs, en lisant les œuvres de figures majeures comme Jean-Jacques Rousseau et Voltaire, il est frappant de constater que ces « éclairés » avaient des vues régressives sur les femmes, les Noirs, les Juifs, et même sur le peuple en général.

2. Un peu de sociologie

Une curiosité de notre époque est de constater que les mouvances néo-athées font fi des sciences humaines et de leur apport sur la compréhension des religions. En effet, celles-ci semblent n'accorder d'intérêt qu'aux sciences les plus expérimentales en apparence en oubliant sciemment la neutralité axiologique.

Rien que dans le web français, celles qu'on retrouve sur les réseaux sociaux comme X Twitter, Reddit, jeuxvideo.com, Quora ou autres forums Discord fonctionnent en vase clos par auto-consensus, et tentent de s'imaginer par psychologisme ou essentialisme intellectuel que la science doit aller dans le sens du positivisme d'Auguste Comte. 🧐

Les superstitions néo-athées confondent l'enseignement laïque du fait religieux avec de l'endoctrinement. Elles sont incapables de distinguer un texte d'histoire ou de sociologie des religions d'un texte prosélyte, et ne savent pas distinguer un agnostique historien des religions d'un adepte de l'une ou l'autre religion. Cet indiscernement va même jusqu’à répéter des poncifs comme celui Galilée persécuté par l'Église !

De plus, si on raisonne en terme d'éthique sociale, on constate des réactions agressives immédiates avec conversion automatique, si celles-ci sont contestées. Or une certaine idée reçue serait que les athées auraient une philosophie supérieure, avec une meilleure morale que les "croyants". Dire qu'il fut une époque où l'on enseignait les sciences morales et la politesse à l'école ! 🙃

Conclusion

La science et la raison ne sont pas toujours là où on le croit souvent, on a vu des idéologies comme la zététique instrumentaliser politiquement la science. Homo sapiens est un être paradoxal qui croit souvent ne pas être endoctriné ou ne pas être influencé par son environnement, c'est normalement le boulot de l'enseignement philosophique d'aider à penser par soi-même.

Comprendre n'est pas adhérer. Penser contre, ce n'est pas penser, ni même réfléchir. Serait-ce donc la faute d'un enseignement de la philosophie inadapté qui ferait croire que les gens pensent par eux-mêmes mieux que les autres à cause d'une simple bonne note au bac ?

La solution : populariser éthiquement les sciences religieuses par l'enseignement laïque. 🏛️

Références

  1. 2002 : Régis Debray – L'Enseignement du fait religieux dans l'école laïque (Plaidoyer pour la culture religieuse par l'enseignement laïque).
  2. 2009 : Jean Soler – La Violence monothéiste (Analyse du dogmatisme et de l'absolutisme transposés dans le rationalisme).
  3. 2017 : Dominique Schnapper – Puissance et impuissance de la réflexion (Défense de la neutralité axiologique face au scientisme militant).

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