Les sciences religieuses

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Un concept bien plus moderne qu'on ne pourrait le croire ! 🙃
1. Un peu de définition
Science, du latin scientia (« connaissance »), lui-même du verbe scire (« savoir »). Dans notre culture occidentale, l'épistémologie est la branche de la philosophie qui entend s'essayer à définir ce que sont les sciences.
Les sciences religieuses sont les sciences appliquées aux religions dans une option non théologique et objective : anthropologie, sociologie, histoire, philosophie, linguistique, droit, politique, économie... Elles sont souvent méconnues du grand public.
Si les critiques scientistes ou positivistes tendent parfois à exclure les disciplines humaines du champ des sciences dites "dures", c'est oublier que l'épistémologie moderne – notamment constructiviste – valide leurs méthodes. Qu'elles soient humaines ou exactes, toutes les sciences partagent une même rigueur méthodologique et une même confrontation aux faits, acceptant l'erreur comme le moteur même de la recherche.
2. Un peu d'histoire
Au 18ᵉ siècle, le philosophe Hermann Samuel Reimarus pense l'idée en premier en remettant en cause la biographie de Jésus, suivi par Friedrich Schleiermacher qui poursuit avec les dogmes.
L'expression « sciences religieuses » se popularise en France dès 1886 avec l'ouverture de la 5ᵉ section de l'École Pratique des Hautes Études (EPHE). Loin d'apaiser les esprits, cette approche laïque et scientifique du fait religieux va alimenter les débats qui déclencheront, quelques années plus tard au début du 20ᵉ siècle, la Crise moderniste au sein de l'Église catholique.
Peu connu du grand public, l'impopularité du concept des sciences religieuses tient à plusieurs facteurs :
Le paradigme darwinien : La théorie de l'évolution fait repenser les origines face à un créationnisme moderne qui se structure en réaction à la fin du 19ᵉ siècle. »
L'exégèse historico-critique de la Bible : La lecture herméneutique a considérablement évolué au 19ᵉ siècle.
Les tensions entre la République laïque et l'Église : Les intellectuels catholiques comme Loisy, Lagrange ou Sertillanges se retrouvent alors pris en étau entre les exigences de la recherche historique et la censure d'un Magistère romain intransigeant.
3. Un peu de réflexion
La différence d'expression entre "sciences religieuses" et "sciences des religions" relève de l'ordre du sémantique selon la tradition universitaire qui a propagé l'expression. Historiquement, on disait "science religieuse" en 1ᵉʳ lieu, mais comme cela parait trop connoté, on préfère dire "science des religions" de nos jours. En anglais, on ne chipoterait pas et on dirait "Religious studies".
Contrairement aux idées reçues, science et religion ne sont pas antinomiques. C'est un certain regard sur le catholicisme (réduit à une simple croyance pourvue de dogmes irrationnels par le néo-athéisme contemporain) et le créationnisme (qui n'existe que depuis la fin du 19ᵉ siècle) qui fait penser cela.
Évitant toute folklorisation du religieux, elles analysent le fait religieux comme une réalité vivante spécifique et dynamique, qui n'en finit pas d'évoluer sous des formes diverses et variées, bien plus insoupçonnées qu'on ne pourrait le penser. 🧐
À l'EPHE, comme à l'EHESS, les sciences religieuses sont laïques, comme l'IREL. C'est toute cette méconnaissance des choses qui fait que des associations luttent contre l'enseignement du fait religieux à notre époque.
Références
- Les sciences religieuses, un savoir non confessionnel sur les religions, disponible depuis 1886 - Marc Laubier, Quora
- Sciences et religions au 20e siècle : Introduction - Dominique Avon et Denis Pelletier, Cairn
- Terminologie des sciences des religions et vocabulaire anthropologique - Lionel Obadia, Cairn
- Sciences des religions - Sylvio De Franceschi, Université Paris
- Des mots, de leurs histoires et de quelques enjeux - Pierre Gisel, Cairn
- Sciences des religions - Domuni Universitas
- Master Sciences des Religions et Sociétés
- Section des Sciences religieuses
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