Les attentats du 11 septembre 2001

Et les théories du complot proliférèrent ! 🤯

1. Un peu de définition

Les attentats du 11 septembre 2001 sont 4 attaques terroristes coordonnées commises aux États-Unis par 19 terroristes islamistes membres d'Al-Qaïda. Ils détournent 4 avions de ligne américains : deux frappent les tours du World Trade Center, un troisième le Pentagone et le dernier s'écrase en Pennsylvanie après la révolte de passagers.

Les 2 tours s'effondrent en moins de 2 heures. Les attentats font 2 977 victimes, sans compter les 19 pirates de l'air, parmi lesquelles 343 pompiers et de nombreux membres des forces de l'ordre. La diffusion en direct des images donne à l'événement un retentissement mondial exceptionnel et en fait rapidement un terrain majeur pour les théories du complot et la pseudo-histoire.

2. Un peu d'histoire

Le 11 septembre au matin, 4 avions décollent de la côte Est à destination de la Californie. Après leur détournement, le premier appareil percute la tour nord du World Trade Center à 8 h 46, puis le second frappe la tour sud à 9 h 03. Les images du deuxième impact sont diffusées presque immédiatement dans le monde entier.

À 9 h 37, un troisième avion frappe le Pentagone, près de Washington. Le quatrième, le vol United 93, s'écrase en Pennsylvanie à 10 h 03 après que des passagers ont tenté de reprendre le contrôle de l'appareil. La tour sud s'était effondrée à 9 h 59, suivie de la tour nord à 10 h 28.

Les États-Unis identifient rapidement le réseau terroriste islamiste Al-Qaïda comme responsable. Son chef, Oussama ben Laden (1957–2011), reconnaîtra publiquement la responsabilité de son organisation dans les attentats.

3. Un peu d'enquête

Une commission d'enquête indépendante et bipartisane est créée en 2002 et présidée par Thomas Kean. Après 19 mois de travaux, elle publie son rapport en 2004 et établit la responsabilité d'Al-Qaïda, tout en soulignant les importantes défaillances des services américains face à la menace du terrorisme islamiste.

Les investigations identifient Oussama ben Laden (1957–2011) comme le commanditaire et Khalid Cheikh Mohammed (1964–) comme le principal organisateur opérationnel. L'enquête reconstitue également le parcours des 19 pirates de l'air, leur préparation et leurs liens avec Al-Qaïda.

D'autres investigations techniques étudient les effondrements du World Trade Center, les débris, les données aéronautiques et les dommages causés au Pentagone. Les conclusions sur le 11-Septembre ne reposent donc pas sur une unique « version officielle », mais sur un vaste ensemble de documents, témoignages, données matérielles et expertises.

4. Un peu de diffusion

Malgré l'accumulation des enquêtes, les attentats donnent rapidement naissance à un vaste courant complotiste. Certains affirment que le gouvernement américain aurait laissé faire les attaques ; d'autres soutiennent qu'il les aurait lui-même organisées. La thèse de la démolition contrôlée devient l'une des plus populaires : des explosifs auraient été secrètement installés dans les tours afin de provoquer leur effondrement.

En France, la diffusion de ces récits est fortement accélérée en 2002 par Thierry Meyssan et son livre L'Effroyable Imposture. Sa campagne médiatique popularise notamment l'idée que le Pentagone n'aurait pas été frappé par un avion de ligne, en s'appuyant entre autres sur certaines photographies où les débris de l'appareil sont difficiles à distinguer.

Sur Internet, le 9/11 Truth Movement rassemble différents courants contestant la « version officielle ». Comme après l'assassinat de JFK en 1963, forums, vidéos puis réseaux sociaux permettent à des contre-récits très différents de toucher un vaste public.

5. Un peu d'explications

Une grande partie de l'argumentaire complotiste repose sur la sélection d'éléments paraissant inexplicables lorsqu'ils sont isolés : absence apparente de débris au Pentagone sur certaines photographies, vitesse d'effondrement des tours, explosions rapportées par des témoins ou effondrement du bâtiment WTC 7. Ces observations deviennent alors des « anomalies » supposées démontrer l'impossibilité de l'explication généralement admise.

Le problème est méthodologique : une hypothèse ne se démontre pas en accumulant des images ambiguës ou des questions laissées sans réponse immédiate. Elle doit être confrontée à l'ensemble des données disponibles, à la contre-expertise et à la critique scientifique. Si, sur trois photographies bien choisies, on distingue mal les restes de l'avion au Pentagone, cela ne démontre pas qu'aucun avion ne l'a frappé.

Les investigations techniques ont également étudié les effondrements. Le NIST conclut que les impacts des avions et les incendies qui suivirent entraînèrent l'effondrement des tours, tandis que les incendies incontrôlés provoquèrent celui du WTC 7. Ces travaux ont mobilisé des centaines de spécialistes, des éléments structurels, des milliers d'images et de vidéos, des témoignages et des simulations.

Le succès de ces récits tient aussi à leur capacité à transformer une catastrophe complexe en explication simple : des détails étranges deviennent les indices d'un plan caché. À l’ère de la post-vérité, quelques images décontextualisées peuvent ainsi sembler concurrencer des années d'enquêtes. Un consensus historique ou scientifique n'est pourtant pas une opinion : il résulte de la confrontation des sources et des expertises.

6. Un peu d'héritages

Les attentats provoquent une immense vague de solidarité internationale, mais transforment également les politiques de sécurité. Les États renforcent leurs législations antiterroristes et les États-Unis lancent leur « guerre contre le terrorisme », notamment avec l'intervention militaire en Afghanistan contre Al-Qaïda et le régime taliban qui l'abritait.

Cette politique contribue cependant elle-même à nourrir la défiance. En 2003, les affirmations américaines concernant les armes de destruction massive irakiennes, notamment présentées devant l'ONU par Colin Powell (1937–2021), se révèlent infondées. Ce mensonge politique documenté sera ensuite utilisé pour considérer également comme mensongères les conclusions concernant le 11-Septembre — alors que les deux affaires reposent sur des ensembles de preuves distincts.

Plus de deux décennies après les attentats, le 11-Septembre demeure ainsi l'un des grands cas d'école du complotisme contemporain. Les fora puis les réseaux sociaux ont multiplié les « scientifiques de forum », capables d'opposer quelques images à des enquêtes beaucoup plus vastes tout en revendiquant une objectivité qu'ils refusent parfois aux sources contradictoires. Un mémorial et musée occupe aujourd'hui le site du World Trade Center pour entretenir la mémoire des victimes.

Références

  1. 11-Septembre : les attentats à New York et Washington - Le Figaro
  2. Taguieff décode la théorie du complot - Le Point
  3. L'Amérique sous les cendres - France Culture
  4. Attentats du 11 septembre 2001 - Lumni

2 vues · 0 vote positif

Réactions

Connectez-vous pour réagir.

Commenter ce contenu…

Commentaires

0 message