La propagande

Une propagande est une action exercée sur l'opinion pour l'amener à avoir et à appuyer certaines idées.
1. Un peu de définition
D'aucuns affirment que l'intérêt de toute propagande est d'influencer, voire d'endoctriner ou d'embrigader. Elle cherche avant tout à orienter les opinions et les comportements au service d'une cause, d'une idéologie ou d'un pouvoir. Contrairement aux idées reçues, le terme n'a pas toujours eu la connotation nécessairement péjorative qu'il possède aujourd'hui.
Tous les médias traditionnels ou grand public ne diffusent donc pas nécessairement de la propagande. Les plus sérieux s'appuient sur des règles de déontologie, de vérification et de pluralisme, avec pour idéal une certaine neutralité axiologique. L'objectivité parfaite reste difficile à atteindre, mais elle demeure un horizon de l'information journalistique.
2. Un peu d'histoire
Des origines à l’imprimerie
En Égypte, les récits royaux exaltent déjà les victoires et la puissance du souverain. Au 15ᵉ siècle AEC, les campagnes de Thoutmôsis III sont ainsi célébrées par des inscriptions destinées à glorifier le pharaon. Dans le monde grec, la rhétorique devient parallèlement un art politique permettant aux orateurs, comme Démosthène, d’influencer les citoyens.
À Rome, la maîtrise du discours joue également un rôle politique, notamment chez Cicéron. Le pouvoir utilise aussi les monnaies, les cérémonies et les monuments pour diffuser une représentation de sa puissance. Sous l’Empire, cette communication contribue à mettre en scène l’autorité et la légitimité de l’empereur.
Au Moyen Âge, images, sermons et récits religieux participent à la diffusion de la doctrine chrétienne. L’invention de l’imprimerie au 15ᵉ siècle change ensuite l’échelle de circulation des idées : au 16ᵉ siècle, Martin Luther exploite pamphlets, gravures et textes imprimés pour diffuser rapidement la Réforme.
De la propagande d’État à la propagande de masse
Sous les monarchies modernes, la communication politique devient plus organisée. Louis XIV (1643–1715) mobilise peintres, écrivains, médailles, cérémonies et architecture pour construire l’image du Roi-Soleil. À la fin du 18ᵉ siècle, les révolutions américaine et française utilisent à leur tour journaux, pamphlets, affiches et symboles pour mobiliser la population.
La propagande prend une dimension nouvelle avec les médias de masse et la Première Guerre mondiale. Affiches, presse, photographie et cinéma servent à mobiliser les populations, légitimer la guerre et présenter l’ennemi sous un jour défavorable. L’affiche américaine I Want You for U.S. Army, créée en 1917, en devient l’une des représentations les plus célèbres.
Durant l’entre-deux-guerres et la Seconde Guerre mondiale, les régimes totalitaires systématisent ces méthodes. La propagande nazie et stalinienne mobilise affiches, radio, cinéma, rassemblements et culte du chef. Dans Les Origines du totalitarisme (1951), Hannah Arendt analyse notamment le rôle de la propagande dans la construction d’une représentation idéologique du monde.
Fabriquer le consentement
Après la Première Guerre mondiale, la propagande devient aussi un objet de réflexion. Le journaliste Walter Lippmann (1889–1974) s’interroge sur la formation de l’opinion publique dans les démocraties de masse et sur le rôle des médias et des élites dans la construction des représentations collectives.
Edward Bernays (1891–1995), pionnier des relations publiques, applique quant à lui les techniques de persuasion à la politique, à la publicité et au commerce. Son travail illustre le passage d’une propagande explicitement politique à des méthodes plus larges destinées à orienter les comportements et l’opinion.
Le sociologue français Jacques Ellul (1912–1994) distingue notamment la propagande politique volontaire d’une « propagande sociologique » plus diffuse, produite par les valeurs, représentations et modes de vie d’une société. La propagande ne se limite donc plus aux seuls régimes autoritaires ou aux campagnes officielles.
3. Différents types de propagande
Historiquement, il a existé toute une diversité de formes de propagandes rien qu'au siècle dernier :
propagande nazie
propagande gaulienne (ORTF)
propagande antiaméricaine
Mais même de nos jours, les propagandes sont encore là :
propagande pansexualiste
4. Un peu de réflexion
À notre époque de diversité d'accès aux médias sociaux, les citoyens peuvent s'informer où ils le souhaitent en grande partie. Selon le politologue Arnaud Mercier, la bataille des idées est cruciale pour contrer les effets néfastes de la propagande et promouvoir une compréhension plus nuancée de l'autre, tout en évitant l'essentialisme intellectuel.
Propagande ne veut pas dire persuasion, c'est une forme de communication spécifique, caractérisée par une interaction particulière entre l'Ego (le propagandiste) et l'Alter (le destinataire). Convaincre passe par des arguments et donc la nécessité du dialogue dans le monde des idées.
Il est donc curieux de dénoncer par le slogan propagande médiatique ou propagande gouvernementale sans préciser qui ? quand ? où ? La propagande diffusant des "vérités" qui ne font pas consensus, pouvant venir de n'importe quel citoyen.
La propagande n'est ni une information neutre visant l'objectivité factuelle, ni un dialogue ouvert encourageant la contradiction et le libre arbitre du destinataire. Elle se distingue de l'éducation par son refus de présenter une pluralité de perspectives de manière désintéressée.
La solution ? La culture pardi ! Encore elle pour sûr, étant donné que c'est la meilleure pour réduire à quia tous les stéréotypes de la contre-culture. 🤓
6 vues · 0 vote positif
Réactions
Connectez-vous pour réagir.
Commentaires
0 message