Petite histoire des Palestiniens

Contrairement aux idées reçues, l'identité palestinienne est un concept historiquement récent.

Introduction

Une identité sert à la fois à unir et à se distinguer. On ne peut pas comprendre la naissance des sentiments identitaires sans comprendre la montée des nationalismes du 19ᵉ siècle. D'autant plus que l'identité ne se réduit pas à l'idée de nation.

Les Palestiniens ne constituent pas un peuple au sens anthropologique, mais un ensemble de populations arabophones établi principalement dans la région géographique de la Palestine.

1. À l'Antiquité

Le mot "palestinien" vient de Philistin. Il désignait à l'origine une région côtière autour de Gaza, occupée par les envahisseurs philistins qui seraient venus de la mer égéenne. Ils ont occupé la région et ont eu des conflits avec les Israélites. À aucun moment, on ne parle des Palestiniens.

2. Le panarabisme (fin du 19ᵉ siècle)

L'identité palestinienne n'existait toujours pas à cette époque, mais la montée du nationalisme arabe pourrait se considérer comme son précurseur indirect. Le panarabisme étant une idéologie visant unir les Arabes du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord en une seule entité politique, culturelle et économique.

L’arabité se fonde sur la langue et une culture historique commune aux peuples arabes dans le cadre du panisme, qui cherche à unifier de l’Atlantique au golfe Persique. L'émergence de ce nationalisme s'explique par son opposition directe à la domination ottomane, quand la région de la Palestine est sous son contrôle.

Les idéologies de type -pan à l'instar du panslavisme, du pangermanisme ou le panturquisme étant des idéologies impérialistes de type réactionnaires et suprémacistes.

3. À partir de 1948

La création de l'État d'Israël et la Nakba de 1948 marquent un tournant dans la formation de l'identité palestinienne, mais l'État arabe palestinien n'existe pas, car les propres Arabes refusèrent de l'autoproclamer, au 15 mai 1948.

Par la suite, les populations déplacées vivant sous occupation israélienne développent une identité forte et solidaire, centrée sur la lutte pour des droits nationaux.

Le 28 mai 1964, plusieurs mouvements de résistance à l'occupation israélienne se réunissent à Jérusalem-Est et s'unissent au sein de l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP). Cet acte marque la naissance de l'identité palestinienne.

L'activiste Yasser Arafat (1929–2004) rejetait l'occupation des territoires palestiniens depuis la guerre des 6 Jours en 1967. L'identité palestinienne met ensuite 2 ans à se construire via son entremise, période pendant laquelle il prend la tête l'OLP en 1969. Il pratique ainsi une appropriation culturelle en récupérant le nom "palestinien" pour le réattribuer aux Arabes vivant dans et autour d'Israël.

En juin 1969, Golda Meir (1898–1978) au journal anglais Times of London, déclare « qu’il n’y a pas de peuple palestinen », considérant que les Arabes vivant sur le sol de Palestine ne forment pas une nation particulière.

4. Adoption du drapeau palestinien (1988)

Le drapeau palestinien s'inspire du drapeau de la révolte arabe contre l’Empire ottoman (1916-1918). Hussein Ben Ali (1856-1931) le popularisera, en se révoltant contre les Turcs, avec l’aide des Occidentaux dont les Français, et surtout les Anglais, dont le fameux officier Thomas Edward Lawrence (1888-1935).

Celui-ce se compose de 3 bandes horizontales (noire, blanche et verte) et d'un triangle rouge sur le côté, chaque couleur représentant une différente dynastie arabe. La couleur verte et la blanche seront cependant inversées, à l'instar du drapeau du Parti Baas.

L'OLP reprendra celui-ci pour en faire son drapeau officiel le 1er décembre 1964. En 1988, on parlera du drapeau d'indépendance de la Palestine. Au terme de négociations, Israël acceptera en 1993 de voir ce drapeau flotter dans le ciel, et l'Autorité palestinienne, créée la même année, le fit sien.

5. Les Intifadas (1987–2005) et (2000–2005)

Intifada est un terme syrien qui veut dire "soulèvement" et décrit les révoltes palestiniennes.

Décembre 1987, la 1ère Intifada éclate à cause d'un drame de rue. Elle durera quasiment 6 années, jusqu’à la signature des accords d’apaisement d’Oslo en 1993, qui étaient un processus de paix visant à résoudre le conflit israélo-palestinien en tentant de donner un statut de "proto-État". Ceux-ci échouent à cause de la 2ème Intifada en 2000 qui renforcent encore le sentiment nationaliste palestinien.

Le représentant légal de l'Autorité Palestinienne, est Mahmoud Abbas, qui vit à Ramallah, en Cisjordanie/Judée-Samarie. Bien qu'il soit le représentant légal dans la Bande de Gaza, il n'a plus la possibilité d'y faire valoir son autorité, depuis que le Hamas a pris le contrôle de ce territoire, par un coup d'État intra-palestinien, en 2007.

Conclusion

L'idée que l'identité palestinienne préexistait avant le 20ᵉ siècle est fausse d'un point de vue historique, rien qu'en pensant aux travaux des historiens comme Rashid Khalidi. On pourrait même parler d'un effet de vérité illusoire.

Il parait donc légitime de se demander la provenance de cette ignorance populaire, souvent véhiculée par la doxa :

S'agit-il d'un relai de propagande d'infoguerre, à l'instar de l'accusation du vol des terres dans le but de faire adhérer l'opinion à un inconscient collectif mâtiné par la pseudo-histoire… ?

S'agit-il d'un roman national qui s'est trouvé des héros tout au long de l'histoire du 20ᵉ siècle : Izz ad-Din al-Qassam, Mohammed Amin al-Husseini, Abd al-Qadir al-Husayni, Leila Khaled, Yasser Arafat… ?

S'agit-il de faire passer son sentiment d'injustice et d'indignation pour faire passer l'émotion avant la raison et l'histoire objective, qui n'est pas enseignée dans les pays arabes… ?

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