Les allégations de génocide sur Israël

Dans l'actualité, les génocides c'est toujours quelque chose de compliqué a définir quand on s'essaie plus à l'objectivité qu'à l'indignation.
1. De la définition d'un anéantissement
Le mot "génocide" vient du grec "genos" dans l'idée de "genre, espèce" et du suffixe "cide", du latin "caedere" signifiant "tuer, massacrer." Un génocide désigne l'extermination d’un groupe humain. Il est a différencier de l'ethnocide. Le terme "génocide" a été créé en 1944 par le juriste Raphaël Lemkin pour désigner l'extermination systématique des juifs par les nazis. En France, le génocide est puni en tant que crime contre l'humanité.
« Le crime de génocide, écrit le juriste juif polonais Raphael Lemkin, qui en a forgé le concept et l'a utilisé dans son livre Axis Rule in Occupied Europe, paru en 1944, implique un large éventail d'actions, subordonnées à l'intention criminelle de détruire ou d'invalider définitivement un groupe humain » où « les actes sont dirigés contre des groupes, comme tels, et où des individus sont choisis pour être détruits seulement parce qu'ils appartiennent à ces groupes ».
Le génocide exige d'établir une intention avérée de détruire entièrement une population, c'est donc en quelque sorte l'expression accomplie de l'inhumanité. Ce qui se passe dans la bande de Gaza ne s'apparente à cette idée. Ce n'est parce que il y'a des dommages collatéraux sur les boucliers humains qu'on peut parler de génocide.
Tous les textes sur le génocide depuis le livre fondateur de Lemkin, qu'il s'agisse de la Résolution de 1946 de l'Assemblée générale des Nations unies, de la Convention de 1948 pour la prévention et la répression du crime de génocide, des statuts des tribunaux internationaux ad hoc pour l'ex-Yougoslavie (1993) et le Rwanda (1994), de la Cour pénale internationale (1998) et de nombre de législations nationales, dont la française (1994), contiennent cette même idée.
2. Les génocides reconnus
Historiquement, il y'a eu des génocides. Certains font consensus, d'autres qualifications sont discutables, comme pour les amérindiens, ou il est plus légitime de parler d'ethnocide.
Formellement, l'ONU reconnaît au moins 4 génocides :
Le génocide des Arméniens commis par les Ottomans, de 1915-1916
Le génocide des Juifs commis par les nazis, de 1941 à 1945
Le génocide des Tutsis commis par les Hutus en 1994
Le génocide de Srebrenica sur des musulmans bosniaques en 1995
3. Les arguments contre l'idée d'un génocide palestinien
L'armée israélienne n'est pas entrée dans Gaza dans le but d'exterminer la population palestinienne, mais pour des raisons sécuritaires : traquer et éliminer les terroristes du Hamas et libérer les otages capturés lors de leur expédition sanglante du 7 octobre 2023 qui, elle, en revanche n'avait d'autre objectif, d'autre but direct que de massacrer des israéliens.
Si Israël voulait l'extermination entière d'une population, cela serait déjà fait au vu de la supériorité de sa puissance militaire. À l'inverse, si le Hamas avait les moyens, ils commettraient un génocide sur les Juifs.
Du point de vue de la démographie historique, c'est tout autant inepte de parler de génocide, quand une population augmente dans un lieu/zone au fil des décennies.
On se demande où sont les charniers ou les camps de concentration si on veut comparer cela à la Shoah.
Emmanuel Macron "Ce n’est pas à un responsable politique d’employer ces termes, c'est aux historiens en temps voulu".
4. L'indignation à géométrie variable
La Russie, alliée de certains pays arabes, a attaqué à 2 reprises la Tchétchénie, pourtant République islamique, sans déclencher autant d'émotion dans le monde.
Idem pour les Ouïghours, les Kazakhs et les autres minorités ethniques à majorité musulmane, victimes d’emprisonnement, viol, torture et de persécutions à grande échelle orchestrées par l’État chinois, pourtant considéré comme crime contre l’humanité.
Les dirigeants occidentaux n'ont pas bougé quand Aliyev a rayé le Haut-Karabagh de la carte après avoir imposé à la population des mois de blocus pour la priver de tout moyen de subsistance.
Dans l'actualité, on se demande pourquoi une telle fixette sur ce conflit ci, et oublier les autres guerres comme celles du Soudan ou du Yémen ?
5. L'intérêt des allégations
Ces accusations visent à priver les israéliens de leur histoire pour justifier le terrorisme. En France, cette rhétorique de propagande est souvent reprise par les députés LFI pour des motivations électoralistes sous couvert de propagande islamiste (accusation du sionisme).
Du point de vue de droit, l’accusation de commission d’un génocide est un levier politique afin de rallier à sa cause et, potentiellement, d’émouvoir sur le sort de sa population. En exemple, Poutine se servait de cette stratégie du miroir pour accuser les Ukrainiens de génocide dans le Donbass et légitimer sa propre invasion.
2 vues · 0 vote positif
Réactions
Connectez-vous pour réagir.
Commentaires
0 message