Le sionisme

1. Un peu d'histoire

Le sionisme fut une doctrine et un mouvement politique dont le but est la construction, la consolidation et la défense d'un État juif en Palestine, près de Jérusalem. On peut le voir comme une idéologie nationaliste née en Europe à la fin du 19ᵉ siècle, à la suite de l'Affaire Dreyfus. C'est vers cette époque via le printemps des peuples (1848) que se produit l'émergence des nationalités : les arméniens et les kurdes par exemple, qui sont dépossédés de leurs terres par l'éclatement des empires qui ne sera effectif qu'en 1918.

Le mouvement est appelé ainsi en référence à la colline de Sion de Jérusalem où fut, dans l'Antiquité, érigée la citadelle de David. Theodor Herzl (1860–1904) fût le premier sioniste, et cette aspiration se concrétisa par la création de l'État d'Israël en 1948. Herzl eu l'idée du projet sioniste à la fin du 19ᵉ siècle pour créer un état pour les juifs, il fait suite au mouvement des Amants de Sion de Léo Pinsker.

Il fonde ainsi l'organisation sioniste lors du premier congrès de Bâle en 1897, un an après la parution de son livre L'Etat des Juifs. Sa priorité : obtenir une charte internationale garantissant la création d'un foyer national en Palestine pour le peuple juif. Suite aux pogroms dans l’Empire tsariste, notamment à Kichinev les 6 et 8 avril 1903, Herzl est reçu par Viatcheslav Plehve, ministre russe de l’Intérieur (1846-1904), antisémite notoire, à Saint-Pétersbourg.

La création d'Israël en 1948, provoquera indirectement un conflit de 25 ans avec les arabes jusqu'en 1973, à l'époque animés par une idéologie comparable, le baathisme, qui voulait créer une grande nation arabe incluant la Palestine. Depuis 1978 et les accords de Camp David, les arabes reconnaissent progressivement, pays après pays, la légitimité d'Israël.

2. Les différents courants du sionisme

Le sionisme est un mouvement politique construit par Theodor Herzl né au 19ᵉ siècle qui constituait les différentes populations juives de par le monde, pour les rassembler au même endroit, suite aux persécutions. Il s'est achevé en 1948, quand Israël s'est autoproclamé comme État.

Le postsionisme qui propose une vision alternative de l'état d'Israël. Il prend de l'ampleur après la 1ʳᵉ Intidada, et à partir de la signature des Accords d'Oslo. Mais avec la Seconde intifada et l'arrivée au pouvoir d'Ariel Sharon, ses positions sont devenues plus marginales en Israël.

Le néosionisme est une idéologie prônant "l'expansion territoriale d'Israël", incluant l'annexion de la Cisjordanie. Il accentue les dimensions messianiques identitaires. Il s'est construit progressivement autour de plusieurs partis. Le Mafdal en 1956, qui rallie les ultraorthodoxes. Il a été reconstruit en 2023 par le nationaliste Bezalel Smotrich.

L'antisionisme, mouvance politique popularisée par Dieudonné, les islamistes et les dirigeants iraniens, qui est un cache-sexe de la haine des juifs, ou un racisme qui ne dit pas son nom, ne faisant aucun discernement. Son point d'orgue est de refuser catégoriquement la légitimité d'Israël pour des raisons pseudo-historiques.

3. Un antisémitisme masqué

Pourquoi est-il impropre de parler de "sionisme" aujourd'hui ? Car le propre de ce concept, né au 19ᵉ siècle, était de proclamer l'État d'Israël, ce qui fut fait en 1948. Ceux qui disent lutter contre le sionisme aujourd'hui, refusent souvent en parallèle de reconnaitre l'existence de cet État.

Le "sionisme" est un concept idéologiquement orienté quand il est scandé par des manifestants, et autres médias alternatifs qui parlent de la cause palestinienne. On a pu voir cela aussi bien chez les gilets jaunes, que des militants LFI, que des fans de Dieudonné.

De nos jours, le prétendu antisionisme est un cache-sexe à l’antisémitisme qui ne dit pas son nom. Si celui-ci était réfléchi, il irait simplement droit à la critique de la "colonisation" ou de la corruption de Benjamin Netanyahou, qui dessert ici clairement les intérêts d'Israël.

Bien souvent les antisionistes, ne comprennent même pas qu'ils sont antisémites par la mécanique de l'inconscient collectif. Ils recyclent aussi bien les arguments des identitaires, que ceux des islamistes, donc de l'idéologie du Hamas et de l'Iran, par effet de cause.

Quand des gens se disent contre le sionisme : il disent parfois les Juifs à chaud, alors qu'ils devraient dire les Israéliens. Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas les dirigeants politiques qui disent cela, mais les sociologues qui observent cela.

Références

  1. Le nationalisme palestinien en miroir du nationalisme israélien
  2. L’antisionisme est bien un antisémitisme

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