L'antispécisme


1. Un peu de définition
Le terme antispécisme est construit par analogie avec le racisme ou le sexisme. Ce concept a été forgé dans les années 1970 par le psychologue britannique Richard Ryder pour dénoncer une discrimination basée sur l'espèce.
C’est toutefois le philosophe Peter Singer avec son ouvrage La Libération animale (1975) qui popularise le mouvement. Le pilier de cette pensée est la sentience : la capacité d’un être vivant à ressentir la douleur, le plaisir et à avoir une perspective subjective sur sa propre vie.
Dans l'idéologie antispéciste, le spécisme justifie l'exploitation et l'utilisation des animaux par les humains d'une façon qui ne serait pas considérée éthiquement comme acceptable s'il s'agissait d'un être humain.
2. Un peu d'histoire
Dès l'Antiquité, Aristote affirme la prééminence de l'espèce humaine, tout en établissant une hiérarchie au sein des espèces animales.
Au 17ᵉ siècle, dans le Discours de la Méthode, le philosophe français René Descartes (1596–1650) compare les animaux à des machines complexes, incapables de ressentir douleur ou plaisir, faute d'esprit. Cette thèse, influencée par des croyances religieuses, a longtemps justifié l'exploitation des animaux à des fins humaines.
Le philosophe français Julien Offray de La Mettrie (1709–1751) soutiendra au contraire que les animaux possèdent des facultés mentales comparables à celles des humains : perception, mémoire, imagination, jugement, raisonnement… Pour lui, l'absence de parole ne signifie pas absence de pensée.
Le philosophe allemand Emmanuel Kant (1724–1804) considérait les animaux comme un analogon de l'humanité ; en observant nos devoirs envers les animaux, nous observons en fait indirectement nos devoirs envers l'humanité.
3. Un peu d'extrémisme
L'actrice française Brigitte Bardot fut la 1ʳᵉ à s'indigner et à lutter de la condition animale. Brigitte Bardot, qui considérait que les méthodes d'abattages n'ont pas évolué depuis le Moyen Âge. D'aucuns voyaient déjà en elle une hypocrisie étant donné que ses opinions politiques l'empêchent de penser l'égalité des êtres humains.
De nos jours, c'est surtout devenu un mouvement qui est préoccupé par les expérimentations animales, mais qui comporte des extrémistes se voyant faire des choses utiles et nécessaires pour le bien de la société.
Depuis le printemps 2018, des bouchers-charcutiers sont la cible d’attaques variées contre leurs boutiques et/ou leurs personnes. Ils ne se laissent pas faire, et leur meilleure défense reste la mise en avant de la qualité de leur travail, méconnue de leurs agresseurs.
Des dérives ont commencé après l’attentat islamiste du Super U de Trèbes, où un boucher a notamment été tué ; une militante de la cause animale avait réagi en disant que "ce n’était pas grave car c’était un assassin", et elle n’a pas été sanctionnée.
Théoriquement, ils ne sont pas aussi radicaux au point d'aller tuer d'autres êtres humains au nom de leurs convictions, mais il est parfois difficile de savoir comment les choses peuvent tourner.
4. Quelques questions
Une compassion excessive envers les animaux peut-elle entrainer une "zoolâtrie", une adoration, au détriment de celle qu'on devrait logiquement avoir pour les êtres humains ? Récemment, le terme "sentientisme" a été rajouté dans les dictionnaires.
À l'autre côté du spectre antispéciste, on trouve son opposé : le zoosadisme : des gens qui n'ont rien à faire des animaux ou aucune compassion envers eux. La vivisection, où les expérimentions animales, c'est aussi particulièrement cruel quand on y pense…. peut-il exister une vivisection éthique ?
Références
- Couverture : Direct 0.4 — Végétarisme / antispécisme
- Militantes antispécistes : pas de "hiérarchie" dans les "oppressions", Le Point
- Les animaux et les religions, Bibliothèque de Lyon
- Antispécistes contre le système, France Culture
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