La politesse

La politesse se définit comme un ensemble de règles régissant le comportement et le langage à adopter au sein d'une société.
1. Un peu d'histoire
D'après le lexicographe Jean Pruvost, l’étymologie indique le latin polir, qui voulait dire "rendre la laine lisse, en la battant". Au Moyen Âge, on disait qu’une personne était polie, cela signifiait qu’elle avait le visage lisse. 👱🏼
Avant la politesse, la civilité apparaît d’abord dans l’œuvre d’Aristote, dans l'idée de "sociable bienveillant, doux, poli". C’est l’expression d’un idéal à la fois politique, social, moral et esthétique représenté pour les grecs par la notion de douceur. La notion de savoir-vivre moderne se distingue des champs juridique et moral et les choix rationnels qui peuvent orienter l’existence humaine sont le champ du droit (justum), le champ de l’éthique (honestum), le champ de la bienséance et du savoir-vivre.
Plusieurs historiens comme Peter Burke ou Frédéric Rouvillois, voient une nouvelle forme de politesse qui émerge au 18ᵉ siècle, à la fois bardée de religion et nanti d'une morale individuelle ayant atteint une forme de nec plus ultra de la civilisation. C'est à cette époque que l'égalitarisme et le commerce se développent d'une nouvelle manière dans les idées.
La théorie de la politesse est une branche importante de la pragmatique développée par Penelope Brown et Stephen Levinson dans les années 1970. Cette théorie s'inspire du concept de la théorie des visages d'Erving Goffman, qui la fait progresser en se concentrant sur la façon dont nous sommes polis envers les autres et sur les raisons qui nous poussent à l'être.
2. La politesse commence à 2
La politesse concerne avant tous les rapports entre les êtres humains, on n’est pas poli tout seul. Elle a commencé avec l’histoire des hommes, puisque dès qu’il y a eu 2 êtres humains, il a bien fallu un moyen de communiquer pour qu'on évite de se taper dessus à la moindre contrariété.
L'intérêt communicatif étant de trouver la juste mesure entre le respect de la personne et l’attention. La politesse, c’est s’oublier en pensant d’abord aux autres. Sur la route 🚗, la politesse doit être la règle pour laisser les priorités.
En même temps qu’est apparu le mot politesse en français, est apparu aussi celui d’impolitesse. On se rend compte que la politesse exclut ceux qui n’ont pas les codes, mais elle passe aussi par la transmission. La civilité s’apprend avec les parents, avec les autres, à l’école.
3. Chez les enfants
En général, le réflexe d’utiliser les formules de politesse est acquis vers l’âge de 4 ans, quand l’enfant maîtrise mieux le langage. Il devient plus conscient de ses relations avec les autres, et il souhaite qu’elles soient positives.
L’enfant commence aussi à s’excuser après avoir posé un geste ou dit un mot qu’il regrette. De plus, il est capable d’offrir son aide à un plus petit que lui. Il peut aussi apprendre à poser d’autres gestes polis, comme laisser sa place dans l’autobus à une personne âgée ou ramasser pour quelqu’un un objet échappé.
Lorsqu’il constate la réaction positive de l’autre personne, l’enfant comprend petit à petit que ce sont des gestes courtois et attentionnés qui permettent de tisser des liens agréables avec les gens qui l’entourent.
D'aucuns disent même que la politesse cela aurait pu être le premier sentiment. C’est pour cela que quelques dictionnaires en parlent en tant que science de la vie.
4. La politesse n’est pas la même partout
Dans les escaliers, l’homme doit-il monter devant ou derrière la femme ? La réponse n’est pas la même en fonction des pays. Les civilités variant d’un pays à l’autre, les rapports entre hommes et femmes ne sont sans doute pas de même courtoisie. En France, il faudrait plutôt passer devant, en Allemagne, plutôt derrière.
Le temps admis de regard droit dans les yeux, le temps d’inter-paroles entre deux interlocuteurs varient également d’un pays à l’autre. Au Japon, on retire obligatoirement ses chaussures quand on entre dans une maison.
Les animaux ont aussi des pratiques de politesse, notamment les singes. Des réflexions ont cours sur le code à trouver, dès que l’on est à plusieurs. Plus on est âgé, plus on est censé être sensible à la politesse. Le moraliste Jean de La Bruyère (1645–1696) à son époque disait déjà que les jeunes étaient insolents.
5. À l'école
Les responsables de l'école de la 3ᵉ République accordèrent une place importante à l'enseignement de la politesse dans l'idée de propager des idéaux égalitaires et ainsi améliorer la discipline de soi.
La civilisation à l'époque se comprend comme le "progrès contre une vie sauvage". Les enseignants sont donc chargés d'apporter le progrès scientifique (à travers un apprentissage de l'hygiène et de la bonne tenue) et le progrès social (à travers un apprentissage des règles de comportement) aux milieux les moins favorisés de la société.
6. Un peu de réflexion
Sur les forums, elle a tendance à être oubliée pour laisser libre cours aux insultes. Pourtant, dans la langue française, 4 mots de politesse sont bien connus : bonjour, s'il vous plaît, merci, au revoir.
La politesse s'exprime aussi dans la gestuelle. Comme l'idée d'enlever son chapeau pour se présenter à quelqu'un, ou bien d'enlever ses lunettes de soleil 😎 pour que les autres voient notre regard.
De nos jours, il y a des collèges et lycées où l'on donne des cours de politesse. Celle-ci, en tant qu'antidote à la vulgarité, est le véhicule éthique premier des relations sociales, qui peuvent les amener à être davantage amicales, citoyennes, durables, constructives, réciproques, harmonieuses… 🤗
"De toutes les sciences que l'homme peut et doit savoir, la principale, c'est la science de vivre de manière à faire le moins de mal et le plus de bien possible."
Léon Tolstoï
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