Les milliardaires

Il existe des personnes particulièrement riches dont la fortune dépassent 1 000 000 000 $ , on les appelle des milliardaires... 🤑

1. Un peu d'histoire

À l'Antiquité, il existait des précurseurs des milliardaires contemporains, qui étaient extrêmement riches en bien matériels : Crésus, Néron, Mécène, Cléopatre, Nabuchodonosor

Au 20ᵉ siècle, le premier milliardaire de l'histoire humaine reconnu comme tel est l'Américain John D. Rockefeller (1839–1937). En 1916, sa fortune franchit ce seuil historique grâce à la valorisation de ses actifs pétroliers après la restructuration de la Standard Oil.

2. Un peu de chiffres

Selon Oxfam, les 26 milliardaires les plus riches de la planète détiendraient autant d'argent que la moitié la plus pauvre de l'humanité.

Les plus riches cacheraient au fisc 7.600 milliards de dollars "les 10% les plus pauvres paient désormais des impôts plus élevés en proportion de leurs revenus que les plus riches" dans certains pays comme le Brésil ou le Royaume-Uni.

En 2024, la richesse des milliardaires a augmenté de 2 000 milliards de dollars, soit 3 fois plus vite qu’en 2023. On compte désormais plus de 3 000 milliardaires dans le monde.

À ce train-là, Oxfam avait estimé qu'on verrait la fortune d’un multimilliardaire franchir le cap des 1 000 milliards de dollars dans 10 ans.

3. Le mythe du self-made man

Contrairement aux idées reçues, quand on regarde les biographies des milliardaires, ils ne se font pas tout seul, mais par l'opportunisme et par le jeu des relations sociales. On remarque qu'ils naissent systématiquement dans des familles aisées.

L'analyse des trajectoires patrimoniales montre que le point de départ s'appuie fréquemment sur un capital initial : Bernard Arnault a ainsi repris et réorienté l'entreprise de travaux publics et d'immobilier de son père, tandis que Xavier Niel est issu d'une famille de cadres du secteur de la propriété industrielle, bénéficiant d'un accès précoce aux technologies informatiques des années 1980.

En France, des sociologues comme Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon ont montré que les riches s'entraident beaucoup entre eux, en entretenant une sorte de caste endogame et donc économiquement dominatrice.

On traduit le self-made man comme "un homme qui s'est fait lui-même", servant à décrire une personne dont le succès est la conséquence de ses décisions et de ses actions, plutôt que de conditions extérieures à celle-ci. La logique de ce principe est de dire que si on devient ultrariche, c'est totalement mérité.

Ce mythe s'est développé dans les années 1830 aux États-Unis, au moment de la démocratie jacksonienne, avec l'émergence de couches populaires qui n'avaient pas le pouvoir, qui n'étaient pas représentées. Le philosophe Benjamin Franklin (1706–1790) en sera la figure emblématique dans l'inconscient collectif américain. Jackson a été le 1ᵉʳ à ne pas être issu des élites économiques ou intellectuelles et s'est appuyé sur les nouvelles populations de l'Ouest, pauvres, pour développer cette possibilité de réussir d'abord en étant agriculteur, puis entrepreneur, et… riche.

4. En France

En France, le système fiscal fait qu'on enrichit les milliardaires avec les impôts via de nombreuses aides aux entreprises qui ne bénéficient pas de contrepartie, alors que cet argent pourrait aller au service public, à l'éducation et à la sécurité. On parle de 270 milliards par an.

Ces mécanismes d'allocation des deniers publics sont documentés dans l'ouvrage de recherche Le Grand Détournement. Cette grille de lecture intervient alors que la démission du gouvernement de François Bayrou impose aux décideurs politiques de redéfinir les trajectoires du budget 2026 afin d'assurer l'équilibre des comptes de l'État.

5. Un peu de pop culture

Si les figures de Picsou ou de Largo Winch s'imposent traditionnellement dans l'imaginaire populaire, la réalité contemporaine se dessine plutôt à travers des noms comme Elon Musk, Jeff Bezos, Warren Buffett ou, en France, Bernard Arnault et Xavier Niel. L'observation de ces trajectoires montre que le fossé grandissant entre les très hauts patrimoines et le reste de la population freine l'élévation du niveau de vie global, perturbe les équilibres macroéconomiques et nourrit les tensions démocratiques.

6. Un peu de réflexion

Les analyses économiques, notamment celles de Gabriel Zucman, indiquent que la fiscalité sur les hauts patrimoines constitue un levier d'équité et de consolidation budgétaire. En France, les milliardaires optimisent leur impôt sur le revenu par l'intermédiaire de sociétés holdings qui font écran, transformant les flux de dividendes en capital capitalisé, tandis que la majorité des contribuables reste soumise à une taxation directe sur les salaires. Pour contrer les risques d'exil fiscal liés à un impôt mondial sur la fortune, la mise en œuvre d'un dispositif de taxation universelle basé sur la nationalité permettrait de maintenir la souveraineté fiscale des États face à la mobilité des capitaux.

Références

  1. Une saga historique des milliardaires riche de leçons - France Culture
  2. Impôts des plus riches : les taux et les totaux - France Culture

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