La contraception
En dissociant sexualité et procréation, la contraception permet de vivre plus librement le désir et le plaisir, en réduisant fortement la crainte d’une grossesse non désirée.
1. Un peu de définition ❤️
La contraception désigne l’ensemble des méthodes destinées à éviter une grossesse, temporairement ou durablement. Elle peut empêcher l’ovulation, faire obstacle aux spermatozoïdes ou empêcher la fécondation.
Elle a profondément transformé la sexualité en permettant de dissocier davantage plaisir et procréation et de réduire fortement le risque d’une grossesse non désirée.
Le mot contraception vient du latin contra, « contre », et conceptio, « conception », dérivé de concipere, « recevoir en soi, concevoir ». Il signifie donc littéralement « empêcher la conception » et se diffuse surtout au 20ᵉ siècle.
La plupart des méthodes sont réversibles : préservatif, pilule, implant ou stérilet (DIU) permettent un retour de la fertilité après leur arrêt ou leur retrait. La contraception reste surtout assumée par les femmes, mais elle peut aussi être masculine, notamment avec le préservatif ou la vasectomie, cette dernière étant considérée, comme la stérilisation tubaire, comme une contraception définitive.
2. Un peu d’histoire 📜
Des pratiques anciennes au préservatif
La volonté de limiter les naissances est très ancienne. Le papyrus Ebers, vers 1550 AEC, mentionne des préparations vaginales contraceptives, à l’efficacité incertaine. De nombreuses sociétés ont également utilisé plantes, retrait ou abstinence périodique.
À partir du 16ᵉ siècle, des protections ressemblant aux préservatifs sont décrites en Europe contre les maladies vénériennes. Parallèlement, des sages-femmes et guérisseuses, parfois accusées de sorcellerie, pouvaient détenir ou transmettre des savoirs liés à la fécondité, notamment sur certaines plantes contraceptives ou abortives. L’histoire du préservatif croise aussi celle de la prostitution. Le caoutchouc au 19ᵉ siècle, puis le latex au 20ᵉ siècle, permettent sa production industrielle.
Au tournant du 20ᵉ siècle, le contrôle des naissances devient un enjeu politique et social. Aux États-Unis, Margaret Sanger (1879-1966) ouvre en 1916 une clinique consacrée à la contraception et participe au développement du planning familial : son mouvement donnera naissance en 1942 à la Planned Parenthood Federation of America, qui contribue à diffuser contraception et information sur la santé sexuelle.
La révolution contraceptive
Dans les années 1950, le biologiste Gregory Pincus (1903-1967) dirige avec John Rock et Min Chueh Chang des recherches décisives sur la contraception hormonale. En 1960, les États-Unis autorisent Enovid comme contraceptif oral : la pilule commence alors sa diffusion internationale.
Durant les années 1960 et 1970, l’accès à la contraception progresse dans de nombreux pays et accompagne le développement du féminisme. La maîtrise de la fécondité devient un enjeu majeur d’autonomie des femmes. Les législations évoluent progressivement, comme en France avec la loi Neuwirth de 1967.
Depuis la fin du 20ᵉ siècle, DIU, implants et contraception d’urgence diversifient les possibilités. La contraception devient un enjeu de santé publique, d’égalité, d’autonomie reproductive et de liberté sexuelle, même si son accès reste très inégal dans le monde.
3. Les différentes méthodes 🛡️
Les méthodes courantes
Les préservatifs ♂️♀️ : externe ou interne, ils forment une barrière empêchant les spermatozoïdes d’atteindre l’ovule. Ils réduisent également le risque de transmission de nombreuses IST.
La contraception hormonale 💊 : pilule, implant, patch, anneau ou injection agissent principalement en empêchant l’ovulation et/ou en modifiant la glaire cervicale.
Le stérilet (DIU) 🌀 : ce dispositif intra-utérin, au cuivre ou hormonal, est placé dans l’utérus et peut assurer une contraception pendant plusieurs années.
Les méthodes comportementales 📅 : observation du cycle, température, glaire cervicale ou retrait reposent davantage sur une utilisation rigoureuse et sont généralement moins efficaces en usage courant.
Méthodes particulières et masculines
La contraception définitive ✂️ : la vasectomie empêche les spermatozoïdes de rejoindre l’éjaculat, sans empêcher l’érection, l’orgasme ou l’éjaculation. La stérilisation tubaire bloque les trompes. Ces méthodes doivent être considérées comme permanentes.
La contraception d’urgence ⏱️ : après un rapport non ou mal protégé, la « pilule du lendemain » retarde l’ovulation et peut être prise jusqu’à 3 ou 5 jours selon la molécule. Le DIU au cuivre peut aussi être utilisé. Elle n’est pas un avortement et n’interrompt pas une grossesse déjà établie.
La contraception masculine réversible 🩲 : outre le préservatif, plusieurs méthodes sont étudiées. Le « slip contraceptif », notamment étudié par Roger Mieusset, utilise la chaleur pour réduire temporairement la production de spermatozoïdes et nécessite un suivi par spermogrammes. Des gels hormonaux et molécules non hormonales sont également en développement, mais ces méthodes ne sont pas encore largement disponibles.
4. Quelques idées reçues 🤔
La pilule est efficace à 100 % : Aucune contraception n’est totalement infaillible et les oublis ou certaines interactions médicamenteuses peuvent réduire son efficacité.
La contraception est une affaire de femmes :️ Préservatif et vasectomie sont des contraceptions masculines, tandis que de nouvelles méthodes réversibles sont étudiées.
La pilule protège des IST 🦠 : Les contraceptifs hormonaux et les DIU ne protègent pas des IST, contrairement aux préservatifs qui en réduisent le risque.
La contraception rend stérile : Faux pour les méthodes réversibles : la fertilité revient généralement après leur arrêt, parfois après un délai. La vasectomie et la stérilisation tubaire sont en revanche considérées comme permanentes.
Les contraceptifs n’ont pas d’effets secondaires : Les méthodes hormonales peuvent provoquer saignements irréguliers, maux de tête, nausées, sensibilité mammaire ou modifications de l’humeur et de la libido. Les contraceptifs avec œstrogènes augmentent légèrement le risque de thrombose veineuse, pouvant exceptionnellement entraîner une embolie pulmonaire, complication grave. Le DIU au cuivre peut rendre les règles plus abondantes ou douloureuses.
Toutes les méthodes conviennent à tout le monde : Le choix dépend de la santé, des effets secondaires, du mode de vie, des préférences et du projet reproductif de chaque personne.
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